Clare Pooley débute son livre par une description minutieuse de sa gueule de bois, le lendemain de sa fête d’anniversaire. « Mon cerveau a rétréci pour atteindre la taille d’une bille. Et la bille vient heurter chaque coin de mon crâne comme dans un jeu de flipper. Ma sueur exsude l’alcool et je me noie dans des vagues successives de nausée ». Pour ne rien arranger, ses trois enfants, âgés de 6, 8 et 11 ans, ont justement décidé de faire régner le chaos dans la cuisine, ils se disputent en poussant des hurlements de fauves. Alors, elle fait la seule chose raisonnable, elle s’assoit dans un coin sous la fenêtre et ne bouge plus.

– Mamaaaan, qu’est-ce que tu fais par teeeeerrrre ?

Le soir même, Clare Pooley décide d’arrêter de boire. Dans un journal, elle raconte comment elle en est arrivée là. Fan de Bridget Jones, elle appréciait le fait que son héroïne lui donne l’excuse de noyer ses névroses dans l’alcool. Elle a débuté sa carrière dans le secteur de la publicité à Londres. « Dans les années 90, boire de l’alcool faisait partie de notre devoir de féministes.  Il fallait montrer qu’on était capables de tenir aussi bien que les hommes et même les battre à leur propre jeu ». Elle s’est mariée, est devenue maman et a essayé de mener de front son travail, la maternité et son mariage. Au troisième enfant, elle a décidé de ne plus travailler et de devenir mère au foyer. Mais sa consommation d’alcool n’a pas diminué. Entre l’arrivée des enfants de l’école, le bain, les devoirs, le dîner, elle se descendait une à deux bouteilles tous les soirs. Elle décrit les premières semaines vers la sobriété, les outils qu’elle met en place pour tenir (bières sans alcool, lectures, tenir un blog). Elle dépeint avec honnêteté ses vulnérabilités. Quand elle apprend qu’elle a un cancer du sein, elle se bénit d’avoir arrêté l’alcool. Si elle avait continué à boire, confie-t-elle, elle n’aurait jamais pu faire face à une telle épreuve.

Citation préférée :

« Pour aller de l’avant, en tant qu’êtres humains, il nous faut vivre notre vie dans ce qu’elle a de plus cru. Nous devons accueillir les victoires et les désastres de la même façon, comme deux illusions de l’esprit. Quand nous buvons, nous ne faisons que nous cacher. Au lieu de s’élargir, notre horizon se rétrécit. Et peu à peu, horizon devient si petit qu’il se résume à la bouteille que nous buvons. Les AA ont cet adage qui décrit parfaitement le phénomène : l’alcool vous donne des ailes, mais vous prive du ciel. »

Pooley, Clare. The Sober Diaries: How one woman stopped drinking and started living. Hodder & Stoughton.

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