Dans L’alcool expliqué, William Porter déshabille l’alcool en une quarantaine de chapitres.

Il analyse d’abord son effet physiologique. L’alcool est un anesthésiant qui atténue la douleur, le stress et l’anxiété. Sauf que le cerveau ne reçoit pas cette substance sans réagir. Comme pour un médicament, il apprend à contrer les effets en libérant des hormones de stress. L’effet relaxant d’une boisson est donc limité dans le temps. Au bout d’une vingtaine de minutes, une légère nervosité va se faire sentir qui va pousser la personne à boire un autre verre. Plus nous buvons souvent, plus notre cerveau devient expert pour contrer les effets de l’alcool. Cela s’appelle la tolérance. La gueule de bois procède de la même logique. Le fameux remord de l’alcoolique, cette tristesse indicible qui nous hante pendant des heures dès que les paupières (gonflées) s’ouvrent est dû à une potion chimique cérébrale perturbée.

Non, la vraie personnalité ne ressort pas quand on boit. Au contraire, le cortex préfrontal est pris en otage et nous perdons l’accès au raisonnement et à la prise rationnelle de décision. C’est pourquoi quand on boit, on devient vite larmoyant, joyeux ou en colère, les émotions sont démultipliées et nous y réagissons de manière impulsive.

Quand on décide d’arrêter de boire dit-il, la mémoire nous met des bâtons dans les roues, avec un processus connu en anglais sous le nom de FAB, Fading Affect Bias ou distorsion préférentielle de la mémoire. En gros, nous avons tendance à garder plus en mémoire les aspects positifs d’un événement que négatifs. Les horreurs de l’ébriété s’amenuisent au courant du temps et la nostalgie s’installe.

On se jure de ne plus jamais boire après une terrible biture qui a eu des conséquences tragiques.

La résolution tient quelques jours.

Et puis, on commence à se dire : « Après tout, ce n’était pas si terrible. Bon, c’est vrai que j’ai insulté mon meilleur ami et cassé la gueule du serveur dans le bar, que la police est venue et nous a fichus en cellule de dégrisement, mais quand même, au final, on s’est bien amusés. Tiens, si je buvais un petit verre pour voir ? ».

Le défaut de son livre est de synthétiser des savoirs scientifiques, parfois trop vite et sans citer de source. Il y a quelques approximations. Mais cela reste un ouvrage à lire. En conclusion, William Porter invite à poser la question : pourquoi buvons-nous ? Ce n’est qu’une fois qu’on a répondu à la question de la manière la plus honnête possible qu’on peut vraiment envisager, si on le souhaite, d’arrêter l’alcool (ou de modérer sa consommation).

L’alcool expliqué, William Porter.

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