Alcool et cerveau

Dans son livre, Arrêter l’alcool facilement, Jason Vale propose une manière différente de parler de l’alcool. « L’alcool est la seule substance au monde qui vous rend malade quand vous arrêtez d’en prendre. C’est aussi quand vous arrêtez d’en prendre que vous devenez suspect. ».  

Gros buveur pendant des années, il refuse de se qualifier d’alcoolique. Il était capable de faire preuve de modération, parvenait même à s’arrêter pendant des périodes données. Mais à chaque fois qu’il reprenait l’alcool, il constatait les mêmes effets négatifs sur son humeur. Il était anxieux, dépressif. Peu à peu, il a cessé de considérer la sobriété comme une punition, une cicatrice à porter pour l’éternité, mais comme un cadeau, une manière de se redonner la liberté.

Marc Lewis, ancien drogué devenu chercheur renommé en neurosciences explique quant à lui en quoi le cerveau est conditionné depuis des millénaires pour sombrer dans l’addiction en raison du circuit de la récompense. Le cerveau recherche le plaisir (qui sécrète un neurotransmetteur appelé dopamine) et évite la douleur. Ce que les psychologues nomment récompense peut aussi bien être une pêche bien fraîche, un croissant délicieux, un orgasme, un câlin, de l’argent, de l’argent, du pouvoir ou une drogue. « L’addiction, dit-il, est le résultat d’un cerveau qui fait exactement ce qu’il est supposé faire, chercher toujours plus de plaisir. » Il ajoute que les changements dans le cerveau sous l’influence de la drogue sont les mêmes que lorsque quelqu’un devient obsédé par quelque chose, que ce soit un sport, un mouvement politique, une secte religieuse ou une personne. Le cortex préfrontal perd de sa marge de manœuvre. Comme celui d’un fondamentaliste religieux, le cerveau de l’addict n’aura plus que deux états stables : l’extase et le désintérêt.

Son affirmation, l’addiction n’est pas une maladie, reste controversée dans la communauté médicale et n’est pas entièrement convaincante. Mais les études de cas qu’il analyse dans le livre sont intéressantes. Il explique comment des personnes dépendantes à des drogues ont réussi à s’en sortir en cessant de se voir comme des victimes passives et en étant convaincus que les avantages à arrêter dépassaient les inconvénients et que leur intérêt n’était pas de continuer à se droguer.

Memoirs of an Addicted Brain, a Neuroscientist Examines his Former Life on Drugs, Marc Lewis

Biology of Desire, Why Addiction is not a Disease, Marc Lewis

Kick the Drink Easily, Jason Vale

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